La commune de Saint-Sauves possède un patrimoine très riche tant au niveau naturel qu’historique. Un enfant du pays, Thibault FOURIS, a réalisé un site internet très détaillé et d’une grande qualité, nous vous conseillons vivement de le visiter.
Si vous êtes pressé, voici quelques éléments qui pourront aiguiser votre appétit…

 
 

Le village de Saint-Sauves tiendrait son nom d'un évèque du proche Orient antique : Sanctus Silvanus. Ce martyr, connu sous le nom de Saint Sylvain, vivait à Gaza sous le règne de l'empereur Dioclétien. À cette même époque, lors des invasions barbares, le bourg de Saint-Sauves était entièrement fortifié et servait de lieu d'asile, ce qui donne une seconde origine probable du nom de Saint Sauves puisque saulvé signifie en patois refuge ou asile, la population se sentant ainsi protégée.

Saint Sauves faisait partie de la grande seigneurie de La Tour d'Auvergne jusqu'au XVe siècle; par la suite, d'autres armoiries ont succédé. Lors de la grande Guerre de Cent Ans, le bourg se situe sur une voie stratégique: Clermont/Aurillac et subit toutes sortes de pillages par les troupes de passage.

Au fil des siècles, le nom de Saint Sauves a évolué: 1315 Sancti-Sylvani, 1510 Saint-Saulves, 1639 Saint Salves, 1789 Saint-Saulve, Sauve-Libre à la Révolution, pour devenir Saint Sauves d'Auvergne.

L'église St Étienne

En 1872, suite à l'incendie de l'église primitive datant du XIe siècle et des maisons environnantes, le conseil municipal décida la reconstruction de l'édifice en style néo-roman.

Quelques éléments ont tout de même résisté à ce sinistre comme l'abside qui date des XIe et XIIe siècle. L'abside est la partie qui termine le choeur de l'église, en forme de demi-cercle. Elle est généralement orientée vers l'Est. Les clefs de voûte des nefs latérales sont du XVe siècle (c'est une pierre placée dans l'axe de symétrie d'une voûte pour équilibrer et supporter le poids de celle-ci), leur particularité est la gravure des armoiries des seigneurs de Cros. À l'intérieur, on peut voir les « quatre Évangélistes ». (I S M H 1974)

 
Le Portique

Mr Fauverteix, maire en 1873, eut l'idée de conserver le porche de l'ancienne église en partie détruite lors de l'incendie de 1872, il le fit installer sur la place du bourg.

Au même moment, on retira également le baptistère du XVe siècle pour le déposer au niveau du panorama de Saint-Sauves.

Le portique est inscrit depuis le 25/10/1962 sur la liste supplémentaire des Monuments Historiques sous l'appellation : portique Renaissance. S'il est assez facile de le dater, fin du XVIe siècle, il est par contre difficile d'expliquer son décor (exception faite du très reconnaissable blason de la famille Rochebaron, seigneurs de Saint-Sauves à cette époque). Henri Pourrat posait la question : "Qui déchiffrera ce rébus ?..." Jean Cassaigneau a relevé le défi. A la suite d'un étude très rigoureuse, il a fait connaître son hypothèse aux Saint-Sauviens au cours d'une conférence au printemps 2009 « L’énigme du porche de Saint-Sauves ». Un fascicule reprend toutes ses explications, il est disponible en mairie.

 
Le Poids-Public
 

Composé d'une petite et d'une grande bascule construites en 1911, le Poids-Public était tenu par l'autorité municipale pour peser et mesurer les différentes marchandises présentées moyennant contribution. Que ce soient les bêtes ou les céréales, la pesée assurait l'honnêteté et la qualité du prix par rapport au poids. Dans l'enceinte des marchés et des foires, on devait avoir recours au peseur officiel pour toutes opérations.

La Mairie

Cette maison de maître fut construite au XVIIIe siècle. Elle appartenait à un officier de l'armée avant que le diocèse de Clermont-Ferrand n'en fasse l'acquisition comme presbytère en 1855.

Elle adopte une sobriété dans son plan et son style. La mise en scène de la maison dans son parc donne un aspect monumental à l'édifice.

 
L'Arbre de Sully
 

Planté au début du XVIIe siècle, le « tilleul séculaire », dit de Sully, est situé au nord du bourg. Le ministre Sully ordonna alors de mettre en terre des arbres devant les églises ou sur les places publiques. Avec le développement des axes routiers et maritimes du royaume, le bois de ces arbres fut utilisé pour les constructions navales. Son projet était ainsi de générer une réserve de bois pour le pays. Les fleurs étaient récoltées pour les hospices afin de soigner les malades.

Le Lavoir et le Foirail

Endroit réservé aux femmes, le bassin public servait à laver le linge par les lavandières, terme ancien pour désigner une blanchisseuse. Le lavoir était alimenté par la fontaine située juste à côté. Le savon coûtant très cher, on lavait le linge à la cendre. À partir d'un certain âge, les garçons n'y étaient plus admis.

C'était un point de rencontre très fréquenté puisque juste à côté se trouve la place de l'ancien foirail, lieu du marché aux bestiaux. Les bêtes étaient tout d'abord pesées au Poids-Public puis vendues au foirail.

 
Le Monument aux morts

Celui-ci a été sculpté par le clermontois Jean-Marie Camus dans un bloc de pierre en lave de Volvic. La pierre de Volvic est issue d'une carrière de trachyandésite du volcan de la Nugère près de la commune de Volvic. Elle est facile à tailler, capable de résister aux intempéries et les pièces peuvent être de grandes dimensions.

Le monument fut inauguré en 1923 et porte l'épitaphe « Ne l'oublie jamais ». Un vieil homme et un enfant fixent d'un oeil attristé l'objet symbolisant le parent disparu. Sur ce monument on retrouve les noms des 118 Saint-Sauviens morts pour la France lors de la Grande Guerre de 1914-1918.

 
Le Panorama

Vue sur deux types de paysages de Sancy Artense: La Vallée de la Dordogne, et le Massif du Sancy.

Vue sur la Vallée de la Haute Dordogne: née de la confluence entre la Dore et la Dogne à 1380m d'altitude, la Dordogne prend sa source dans le Puy de Sancy. Elle s'écoule dans une vallée ravinée par d'anciens glaciers.

Vue également sur le rocher de Châteauneuf, c'est un socle granitique qui a résisté aux passages des glaces qui ont déblayé les matériaux autour de ce socle. La légende raconte qu'il y aurait un souterrain reliant St Sauves à Châteauneuf.

Au loin, une vue sur le Massif du Sancy. Le sommet du Puy du Sancy a une altitude de 1886m. C'est le sommet de l'Auvergne, et le plus haut volcan de l' Hexagone.

Particularités:
La tradition des Rosières

Saint Médard, qui fut évêque de Noyon et seigneur de Salency, instaura en 525 la tradition de la Rosière en donnant chaque année une somme de 25 livres et une couronne de roses à la fille de sa terre qui aurait la plus grande réputation de vertu. Celui qui eut la volonté d'instaurer cette tradition à Saint-Sauves était un cultivateur du village de Beauberty, Michel Achard. Décédé en 1912 sans postérité, il laissa une somme de 17.000 francs à charge par l'Etat de la reverser selon les conditions de son testament : « je donne et lègue à la fille qui pourrait mériter le titre de Rosière par sa conduite la somme de 500 francs tous les ans ».

Depuis, le Maire et deux conseillers municipaux désignent une jeune fille de 18 ans dont les qualités lui valent de recevoir le titre de Rosière. À Saint-Sauves, les Rosières sont fêtées le week-end suivant le 15 août. D'autres communes de la région célèbrent également cette tradition comme Aubière et Montferrand.

 
Le bandit des montagnes

Né en 1802, Antoine Victor MORNAC était instituteur libre à Laqueuille. Les documents de l'époque le décrivent comme mesurant 1,75 mètres, cheveux et sourcils châtains, front découvert, yeux gris... avec la trace d'un coup de feu à la cuisse gauche.

Réputé pour son cynisme et sa marginalité, il commit son premier délit à Saint-Sauves en frappant deux jeunes personnes. Puis, progressivement, il devint la terreur de toute la région. Il fut arrêté et emprisonné plusieurs fois pour différents vols et agressions de 1826 à 1844. Il bénéficiait ainsi de la plus épouvantable des réputations et terrorisait toute la population.

Accusé par les habitants d'être l'auteur des meurtres de Mr Barrier (1849) et de Mr Bony (1850), il fut à nouveau traqué par la gendarmerie. Blessé à la cuisse gauche par un gendarme en août 1851 à Méjanesse, il parvint à s'enfuir et fut soigné par un médecin du Jansanet. Dénoncé et arrêté à la maison de santé de Chamalières le 6 septembre 1851, il était condamné aux travaux forcés à perpétuité et passa par différents lieux d'incarcérations : Toulon, Belle-île en mer, puis dans l'asile de Léhon où il décéda à l'âge de 68 ans.

 
Un insecte
 

Non loin de là se trouve le lieu-dit « l’île aux mouches », nom donné à une propriété située au bord de la Dordogne de par la présence en assez grand nombre d’un coléoptère lamellicorne, d’un bleu cœrulæum métallique : l’hoplia cœrulea. Cette espèce est commune des prairies alluviales.

 

Un groupe de Saint-Sauviens se réunit régulièrement pour valoriser ce patrimoine.
Il a été décidé au mois de novembre d’approfondir les recherches sur le secteur du pont en pierre de la Dordogne (construit en 1760 par l’intendant Ballainvilliers), de « l’île aux mouches » jusqu’au rocher de Châteauneuf (surmonté d’une statue de Saint-Roch).
Des animations seront programmées dans ces lieux à l’occasion des journées du patrimoine en septembre 2009.